Une convergence des luttes des parents et des professeurs (Midi Libre)

Source : https://www.midilibre.fr/2019/04/21/une-convergence-des-luttes-des-parents-et-des-professeurs,8146845.php?fbclid=IwAR19lZO422eT0EfHM4aR24tHxgbMlEb_y8PiPISU8ezm0SQ1AuKE9r9xaKA

Education. pour Rodrigo Arenas, coprésident national de la FCPE, il y a urgence.

Rodrigo Arenas, président national de la Fédération des conseils de parents d’élèves était invité ce jeudi soir à un débat sur l’avenir de l’école, avec Béatrice Leccia, présidente de la FCPE du Gard, organisé à Uzès par l’équipe de Christophe Cavard en vue d’une alternance à Uzès aux municipales de 2020.

Depuis quand êtes-vous investi dans la FCPE ?

Cela fait dix ans et je suis à présent coprésident avec Carla Dugault. J’ai voulu en effet instaurer une coprésidence paritaire homme-femme car la majorité de nos 300 000 adhérents sont des femmes. J’ai souhaité prendre des responsabilités nationales car je suis basé en Seine-Saint-Denis.

Ce qui se passe dans ce département est un miroir grossissant d’une réalité nationale. Il m’a semblé que notre expérience militante dans ce département pouvait être utile partout en France.

Quel regard portez-vous justement sur le système en Seine-Saint-Denis ?

Dans ce département, l’Éducation nationale n’arrive pas à pourvoir le nombre suffisant de postes d’enseignants et fait donc appel à des contractuels… Cela fait longtemps qu’on dit : Attention ! Certes, ça marche d’un point de vue technocratique (on met un prof devant des élèves !) mais pas d’un point de vue pédagogique. Parce qu’enseigner c’est un métier avec un “truc” important qui s’appelle la pédagogie…

Ce recrutement est aussi une Taylorisation du métier, alors que chaque enfant nécessite une approche artisanale. Non seulement, ça ne marche pas avec les enfants, mais cela génère de la souffrance chez ces enseignants.

Sans oublier l’angoisse des parents sur l’avenir de leurs enfants. Un avenir qu’ils espèrent choisi, et pas subi. Or, au lycée, la question de l’orientation est problématique. D’une part, parce qu’on demande trop tôt aux élèves de se déterminer. Or, les enfants des CSP- (catégories socio-professionnelles moins) n’ont pas les critères et l’accompagnement nécessaire pour décider. D’autre part, les nouveaux métiers ne sont pas anticipés par le lycée. Par exemple, seuls les lycées agricoles ont une formation liée à l’écologie.

Que pensez-vous des grèves de brevets ou bac blancs ?

On signalait depuis des mois qu’il y allait avoir une résistance administrative. Il va y avoir une convergence des luttes : la FCPE va lancer le mouvement “l’autre école “. Avec une “grève ” de parents d’élèves qui n’enverront pas leurs enfants lors des mouvements de grèves ou de manifestations.

L’idée est aussi d’apporter des propositions interactives, avec les familles, les enseignants mais aussi les personnels. Les réformes, proposées, techniques ne répondent ni aux besoins des enfants, ni à la souffrance des professeurs. Même si Blanquer n‘est pas l’homme à abattre : il s’agit de la continuité d’une bureaucratisation engagée depuis des années.

Quelles sont ces propositions ?

La réponse est multifactoririelle : elle passera par le nombre d’élèves par classe, la revalorisation du métier d’enseignant et la formation continue. Mais aussi par une politique urbaine plus intelligente avec une mixité dans les classes et à l’extérieur. Cela implique d’y mettre les moyens et de décréter que l’éducation est une priorité.

Catherine MILLE