Retour le 11 mai : nos vies valent plus que leurs profits !

Les enseignant·e·s souhaitent ardemment retrouver le cadre de la classe pour exercer un métier qui ne trouve tout son sens qu’en présence des élèves – de tous les élèves – et avec les interactions entre les élèves et en présence des enseignants que permettent la classe.

Le collectif de défense de l’éducation 38, réuni ce jeudi 30 avril, prend note que :
La décision du gouvernement de rouvrir les écoles a pour objectif la mise à disponibilité des parents pour les employeurs, aux dépens de toutes logiques éducatives et pédagogiques, afin de permettre un retour au travail généralisé. En 24 h, le premier ministre annonce que les écoles rouvrent pour les seuls enfants incapables de se garder seuls (au dessous de la 4e), le ministre de l’économie somme « un maximum de français à reprendre le travail » et la ministre du travail indique que les dispositifs compensatoires pour garde d’enfants seront supprimés à partir du 1er juin. Qu’importe le virus, on remet les parents au travail et les enfants à l’école le plus vite possible.
Le gouvernement a pris cette décision en opposition avec l’INSERM, le Conseil Scientifique, le Conseil de Sécurité, l’ordre des médecins, l’institut Pasteur, la commission éducation du Sénat, la fédération des médecins de France… Le consensus scientifique et statistique indique que remettre 12 millions d’élèves et plus d’1 million d’adultes dans les transports ou dans les établissements aura des conséquences gravissimes sur la situation sanitaire, et sera l’occasion d’une “deuxième vague” avec une augmentation du pic épidémique à prévoir de plus de 50 %. 
La situation sanitaire au 11 mai ne permettra en aucun cas une reprise sereine des activités scolaires : nombre de malades, absence de moyens, engorgement en ré-hausse depuis cette semaine des services de réanimation…
Les mesures proposées par le Conseil Scientifique actant la reprise contre ses propres préconisations ne serviront qu’à dédouaner le gouvernement en cas de reprise de l’épidémie et à rejeter la responsabilité sur les personnels. Le protocole sanitaire relatif à la réouverture des écoles maternelles et élémentaires (30/04) est au mieux kafkaïen, au pire irréalisable. Il est malhonnête d’appeler « école » ce lieu ou l’acte pédagogique et éducatif sera rendu impossible. Or, l’école n’a pas vocation à être une garderie.
Le CDE38 s’oppose à cette démarche marchande et rappelle que nos vies doivent passer avant leurs profits ! 
Le CDE38 rappelle que les enseignant·es sont, plus que jamais depuis le début de cette crise, vent debout pour assurer la continuité pédagogique dont nous reconnaissons bien évidemment les limites, affirme que la période actuelle a été pour beaucoup d’enseignant.es une période d’augmentation de la charge de travail, qui s’est faite avec du matériel et des moyens personnels, pour assurer la meilleure formation possible aux élèves au vu des conditions. Les enseignant·e·s souhaitent ardemment retrouver le cadre de la classe pour exercer un métier qui ne trouve tout son sens qu’en présence des élèves – de tous les élèves – et avec les interactions que permettent la classe. Mais une reprise précipitée pour travailler n’importe comment, dans des conditions dangereuses serait contraire au devoir de protection que nous devons aux élèves et à leurs familles.
Le CDE38 refuse le “chantage affectif” du soi-disant retour à l’école pour motif social, faux semblant très vite balayé par Blanquer lui-même qui reconnaît que la finalité est économique et atteste que les conditions d’une reprise acceptables ne seront pas remplies le 11 mai. Nous sommes conscient.e.s des drames “invisibles”, vécus dans le “silence” du confinement, mais une réouverture précipitée et bâclée des établissements n’est pas une solution suffisante. Il faut que le gouvernement se saisisse des ces problématiques  en mobilisant des services sociaux renforcés pour traiter ces situations dès à présent et qu’il se positionne clairement dès le début du déconfinement pour l’ISF ou les services publics, pour Air France ou l’enfance en danger, pour les masques ou les lacrymogènes…! 
Le CDE38 dénonce l’attitude de M. Blanquer, dont la communication chaotique sème le trouble et l’incompréhension et qui s’entête à affirmer des “vérités” aussitôt contredites par les faits (“pas de fermeture des établissements scolaires” (12/03), puis “confinement généralisé” (16/04), puis “réouverture générale le 4 mai” (23/03)… puis “le 11 mai” (02/05)…etc). Une fois de plus, le ministre prend ses désirs pour des réalités et rend les personnels, les familles et les élèves responsables de difficultés bien réelles. 
le CDE38 s’associe donc à la Coordination Nationale de l’Education et à la Coordination Nationale Lycéenne et partage leur appel : 
2020.04.22_appel-coordination-educ.pdf
Nous nous inscrivons donc dans un retour à l’école lorsqu’il sera sanitairement possible, logistiquement assuré et socialement acceptable. Nous y mettons les conditions suivantes : 
cahier-des-charges-pour-une-eventuelle-reouverture-ecoles-et-etablissement-le-11-20mai.pdf