Appel des profeseurs de philosophie de l’académie de Grenoble

réuni·es en assemblée générale le 21juin 2021

La correction du baccalauréat de philosophie a désormais commencé pour de nombreux collègues, et les déconvenues ne se sont pas fait attendre : copies numérisées dans le désordre, à l’envers, floues, lots qui disparaissent, attribution de nouveaux lots, site inaccessible, sans parler des copies désinvoltes qui ne traitent pas, ou peu, les sujets, s’abritant derrière le contrôle continu.  Il ne s’agit pas de blâmer les élèves pour la décision absurde du ministère de maintenir une épreuve fantoche de philosophie, la vidant de sa substance, se moquant du travail réel que nécessite le maintien d’une épreuve nationale. La rectrice de l’académie de Grenoble a reçu le vendredi 18 juin en audience des collègues de philosophie et des membres du SNES. Elle a affirmé durant l’audience que cette numérisation faisait partie de la réforme voulue par le ministre ; que les élèves composeraient bientôt sur ordinateur ; et que les big data seraient probablement traitées afin d’en tirer des analyses sur l’apprentissage des élèves.

Il est clair que Santorin nous dépossède de notre outil de travail et permet par un logiciel de remodeler de manière profonde et rampante notre mission pédagogique. En tant que professeurs de philosophie nous nous questionnons sur la transformation globale qu’implique ces outils qui sous-traitent l’analyse de données, trient les élèves, favorisent la mainmise de la hiérarchie.” Tous ces éléments ne font que conforter notre décision : nous n’ouvrirons pas Santorin, nous serons en grève jusqu’au 29 juin, date de fin de convocation pour la correction des copies. Nous refusons de ratifier l’utilisation d’un tel logiciel imposé par un ministère qui ne connaît que le rapport de force avec ses travailleurs et travailleuses.

Le Collectif Défense Éducation 38 a créé une caisse de grève afin de soutenir les grévistes dans cette grève longue et nécessaire qui est le seul moyen de construire un rapport de force avec un ministère qui ne nous écoute pas. Il n’est pas impossible que le rectorat poursuive sa mise au pas des personnels en redistribuant nos lots de copies aux collègues qui n’ont pas cessé le travail.  Nous dénoncions dans le premier communiqué de notre assemblée générale le fait que Santorin soit un outil qui permette intrinsèquement de casser les grèves en divisant les travailleurs et travailleuses entre eux. Si nous ne nous battons pas contre le logiciel, les contestations deviendront de plus en plus difficiles. Lorsqu’une hiérarchie et un dispositif permettent de répartir le travail de celles et ceux qui cessent le travail pour contester cette même hiérarchie et ce même dispositif, la responsabilité d’une telle surcharge n’est pas la nôtre, mais bien celle du système qui rend cette situation possible.

À Grenoble, nous appelons les collègues mis en difficulté par de telles conditions de correction à cesser le travail et à nous rejoindre dans la grève, avant de crouler sous un flot ininterrompu de copies. Nous appelons les collègues des autres académies à se réunir en assemblées générales, à créer des caisses de grève et, par la grève totale des corrections, à affirmer leur refus de la numérisation en cessant le travail !

Des préavis de grève nationaux déposés par divers syndicats couvrent la grève.
Quelle bonne raison y aurait-il de ne pas la faire ?

Rendez-vous jeudi 24 juin à 11h devant le rectorat pour une assemblée générale.